• Exposition Enfers et fantômes d'Asie

    Exposition

    jusqu'au 15 juillet 2018

    Enfers et Fantômes d'Asie

    Musée du Quai Branly - Jacques Chirac Paris.

    *-*-*

    Dans la cosmologie chinoise, le monde humain reflète le monde céleste divin et son administration impériale. Selon le même principe d'analogie, les enfers souterrains reproduisent le même système judiciaire médiéval.

    Les dix enfers des textes bouddhiques s'organisent en cours pénales, présidés par des rois-juges assistés de clercs et de démons tortionnaires.

    Cette image bureaucratique de l'au-delà s'est diffusée de la Chine à l'ensemble de l'Asie orientale et au Vietnam

    Exposition

    01

    Sangdi wang

    Roi du troisième enfer

    1517 - Chine

    Les rois juges des enfers sont vêtus à la manière des magistrats de l'époque médiévale. Ils président des cours de justice où comparaissent les morts selon la nature des délis qu'ils ont commis durant leur existence.

    Exposition

     

    Exposition Enfers et fantômes d'Asie

     02

    Exposition

    03

    Juge des enfers

    XVIIe siècle - Japon

     

    Démons et créatures infernales (Japon)

    Le bouddhisme naît en Inde au VIe siècle avant notre ère, arrive en Chine au 1er siècle puis se diffuse au Japon, via la Corée, à partir du VIe siècle. Il a coexisté avec le shinto - religion locale basée sur le culte des esprits et de la nature (Kami)- en se concentrant sur les croyances relatives à la mort et les rituels funéraires. L'école bouddhique de la terre pure, également influente en Chine, accorde une grande importance aux enfers et aux paradis, à travers le culte messianique du bouddha de la compassion Amida et de ses assesseurs, sauvant les fidèles des affres pour les conduire vers la terre pure (paradis).

    L'iconographie du démon des enfers (Oni) vêtu d'un pagne en peau de tigre et armé d'un gourdin, s'inspire au départ des peintures chinoises des enfers. Elle est reprise par la suite pour incarner différents types de créatures menaçantes de la culture populaire. L'image du oni est même parfois détournée sur un mode humoristique ou "mignon" (Kawai).

    Exposition

    04

    Exposition

    05

    Supplices des enfers

    Dessins préparatoires pour les peintures du Temple Shöju Raigô à Otsu.

    Vers 1820 - Japon

    Le monde est impermanent pour le bouddhisme. Toute existence est provisoire, pour les dieux autant que pour les hommes, les animaux ou les damnés. Les enfers consistent en un purgatoire où les défunts expient leurs fautes sous la torture pour un temps donné, avant de rejoindre le cycle des réincarnations.

    En Asie orientale et du Sud-Est, les supplices infernaux se retrouvent dans les temples et les peintures, alors que ces sujets n'ont pas été représentés en Inde, pays d'origine du bouddhisme.La vision des enfers est pédagogique et libératrice. Elle enseigne la loi du karma selon laquelle la condition de chaque être, dans cette vie et les suivantes, résulte de ses actes passés.

    Les textes considèrent six voies de réincarnation associés aux étages du monde :

    1. dieux et êtres célestes (paradis)

    2. humains (terre)

    3. animaux (terre)

    4. démons (enfers)

    5. fantômes affamés (enfers)

    6. damnés (enfers) 

    Exposition

    06

    Tête de démon (asura)

    Fin du XIIe ou début du XIIIe siècle.

    Cambodge

    Exposition

    07

    Femme damnée

    masque de théâtre nô

     

    Les tribunaux (Chine)

    Les concepts bouddhiques du karma (somme des actes intentionnels) et de samsara (cycles des réincarnations) constitue un système de justice. Les fonctionnaires des enfers notent les actions des vivants sur des registres en vue de leur jugement; Les démons se chargent des tortures.

    Les voleurs et les tricheurs sont brûlés, les dépravés frits dans des chaudrons d'huile, les ingrats découpés et les médisants ont la langue tranchée. D'autres sont forcés de grimper sur un arbre à épines ou des montagne de couteaux.

    Les offrandes et les billets brûlés lors des cérémonies funéraires accompagnent le voyage du défunt et permettent, en quelque sorte, de "corrompre" les magistrats  infernaux pour alléger les sentences.

    D'après la légende, une vieille femme appelée Meng Po fait boire une potion d'oubli aux âmes ayant purgé leur peine, avant qu'elles ne quittent les enfers pour se réincarner.

    Exposition

    08

    Arbre à épines.

     

    Les Trois Mondes

    Le sens commun associe les Trois Mondes aux enfers, à la terre et aux paradis, soutenus par le mont Meru, l'axe universel.

    D'un point de vue plus conceptuel, ces trois niveau correspondent au monde du désir, comprenant les enfers et la terre, au monde intermédiaire, composé des premiers étages du paradis, et, enfin, au monde sans forme qui commence aux dernières strates célestes pour aboutir au but ultime de la libération du cycle des renaissance (nirvana)

    Seul le monde sans formes et la connaissance qui conduit au nirvana sont permanents. Les strates inférieures restent illusoires et soumises à un processus de destruction/récréation.

    Exposition Enfers et fantômes d'Asie

     09

    Les enfers en Asie du Sud-Est

    Thaïlande, Myamnar, Laos, Cambodge

    Le bouddhisme "ancien" (Theravada) est la religion majoritaire en Thaïlande, au Myamnar, au Laos et au Cambodge.

    Son imagerie des enfers s'inspire du traité des Trois Mondes, des récits des vies antérieures du Bouddha (jataka) ou d'autres textes extra-canonique, comme l'histoire du moine Phra Malaï. Les peintures des mondes infernaux décrivent les tortures pour enseigner la loi de rétribution des actes (Karma).

    La cosmologie donne à voir la réincarnation des êtres dans les différents niveaux du monde, en fonction des leurs actes passés. Elle sert de support de méditation pour guider les fidèles vers la libération.

     

    Fantômes errants et vengeurs

    Le bouddhisme a certainement contribué à l'imaginaire des fantômes en supposant une attente entre la mort et la réincarnation.

    Cependant, la représentation des revenants s'est surtout développée dans l'art populaire et profane. Les histoires d'épouvantes les plus célèbres, comme celle d'Oiwa au Japon ou de Nang Nak en Thaïlande proviennent de la tradition orale et de la littérature avant d'avoir été adaptées au théâtre puis au cinéma.

    La manifestation d'un défunt parmi les vivants se produit souvent à la suite d'une mort anormale ou violente, et de rites funéraires non respectés. Animé par la rancœur, le fantôme erre entre deux mondes. Il vient nous hanter pour demander la réparation d'une faute ou accomplir un destin interrompu prématurément.

    Exposition Enfers et fantômes d'Asie

     10

    Exposition Enfers et fantômes d'Asie

    11

    Katsushika Hokusai

    1760 - 1849

    Le fantôme d'Okiku

    Accusée à tord d'avoir cassé une précieuse assiette, la servante Okiku est ligottée puis jetée dans un puits. Toutes les nuits, son esprit revient compter les assiettes pour hanter le maître de maison responsable de cette injustice.

    Hokusai résume l'histoire en faisant sortir Okiku avec un corps formé d'assiettes. 

    *-*-*

    Photos : 15 avril 2018

    Texte / sources Musée du Quai Branly

     

     

    « Exposition André DERAIN. Centre PompidouThaïlande. Jomtien, Marché couvert Thepprasit. »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    6
    Mercredi 18 Avril à 23:04

    Bonsoir Michel,

    Un article passionnant et d'impressionnantes photographies. J'ai beaucoup aimé.

    Merci Michel de tous ces partages et bonne soirée à  vous.

      • Jeudi 19 Avril à 14:15

        C'est une très belle exposition !

        Merci pour votre commentaire

        Bonne journée Mari Jo

        Michel

    5
    Mardi 17 Avril à 11:00

    Des oeuvres magnifiques !!! J'aime...
    Merci pour ce partage Michel

    4
    Mardi 17 Avril à 08:05

    ..pas pour moi cette exposition, j'aurais bien trop peur de faire des cauchemars!

    Bises du jour,

    Mireille du sablon

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :